Épistaxis (saignement de nez) !
L'épistaxis est un saignement de nez ; il vient surtout de petits vaisseaux à l'avant de la cloison et s'arrête facilement ; à l'arrière, il est plus abondant.
Mis à jour 2026-10-29
Structures concernées
Touchez-en une pour voir ce que c'est et l'ouvrir en 3D.
- Septum nasal (cloison nasale)
- Cavité nasale (fosses nasales)
- Artère maxillaire
- Artère faciale
- Artère ophtalmique
- Artère carotide externe
- Cornets nasaux inférieurs
Ce que c'est
Saignement d'origine nasale. La plupart des cas sont antérieurs, provenant de la tache vasculaire (plexus de Kiesselbach, zone de Little) sur la cloison nasale, et cèdent à des mesures simples ; les saignements postérieurs sont moins fréquents mais plus abondants.
Qui est touché
Très fréquente, surtout chez l'enfant et le sujet âgé et par air sec ou froid. La plupart des épisodes sont bénins et ne conduisent jamais à consulter ; les saignements postérieurs touchent surtout le sujet âgé avec comorbidités ou sous anticoagulants.
Causes
- Grattage du nez et traumatismes mineurs (le plus fréquent chez l'enfant)
- Air sec et irritation de la muqueuse
- Infection des voies respiratoires supérieures, rhinite allergique
- Traumatisme facial ou nasal
- Anticoagulants et antiagrégants plaquettaires
- Troubles de la coagulation, maladie de Rendu-Osler (télangiectasie hémorragique héréditaire), tumeurs (moins fréquents)
Facteurs de risque
- Enfance et âge avancé
- Climat sec, chauffage ou climatisation
- Traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire
- Sprays nasaux de corticoïdes mal utilisés
- Déviation de la cloison
- Maladie du foie, coagulopathie, consommation excessive d'alcool
Physiopathologie
Le saignement antérieur provient de la tache vasculaire (plexus de Kiesselbach), où se rejoignent sur la partie antérieure de la cloison des branches des artères sphénopalatine, ethmoïdale antérieure, grande palatine et labiale supérieure (faciale). Le saignement postérieur provient généralement de branches de l'artère sphénopalatine (artère maxillaire) et s'écoule dans le pharynx. L'hypertension artérielle est associée à l'épistaxis, mais son rôle causal est discuté.
Classification
- Antérieure (la plupart des cas ; tache vasculaire)
- Postérieure (branches de l'artère sphénopalatine ; plus abondante, plus difficile à contrôler)
- Primaire (sans cause évidente) ou secondaire (traumatisme, médicaments, coagulopathie, tumeur)
Symptômes et signes
- Saignement par une narine (antérieur) ou les deux, ou sang s'écoulant dans la gorge (postérieur)
- Sang avalé provoquant nausées, vomissements de sang ou selles noires
- Vertiges ou malaise en cas de saignement abondant
Diagnostic
- Clinique
- Évaluation des voies aériennes et de la circulation en premier, puis rhinoscopie antérieure après évacuation des caillots pour trouver le point de saignement ; endoscopie nasale pour les saignements postérieurs ou récidivants. L'anamnèse recherche les médicaments, les traumatismes et les troubles de la coagulation.
- Examens
- Aucun pour les saignements mineurs. Numération formule sanguine, bilan de coagulation (INR chez les patients sous antivitamines K) et groupe sanguin avec recherche d'agglutinines irrégulières en cas de saignement abondant ou récidivant.
- Imagerie
- Non systématique. TDM en cas de suspicion de tumeur ou de fracture ; angiographie lorsqu'une embolisation est prévue.
Diagnostic différentiel
- Hémoptysie (saignement d'origine pulmonaire)
- Hématémèse (hémorragie digestive haute)
- Tumeur nasale ou nasopharyngée
- Maladie de Rendu-Osler (télangiectasie hémorragique héréditaire)
- Coagulopathie
Objectif du traitement
Arrêter le saignement, maintenir la stabilité hémodynamique, trouver et traiter la cause et prévenir la récidive.
Traitement
- Phase aiguë
- Premiers secours : position assise penchée en avant, compression ferme et continue de la partie molle du nez pendant 10–15 minutes, et cracher le sang ; réanimation en cas de saignement abondant.
- Geste
- Vasoconstricteur et anesthésique locaux, puis cautérisation chimique (nitrate d'argent) ou électrique d'un point de saignement visible d'un seul côté de la cloison.
- Geste
- Méchage nasal antérieur (résorbable ou non) en cas d'échec de la cautérisation ; tamponnement postérieur ou sonde à ballonnet pour les saignements postérieurs, généralement avec hospitalisation.
- Chirurgical
- Ligature endoscopique de l'artère sphénopalatine en cas de saignement postérieur persistant ; l'embolisation par angiographie est une alternative.
- Médical
- Acide tranexamique local dans certains protocoles, réévaluation des anticoagulants avec l'équipe prescriptrice, contrôle de l'hypertension artérielle et hydratants ou pommades nasales pour prévenir la récidive.
Complications
- Anémie et hypovolémie
- Inhalation de sang
- Sinusite ou syndrome de choc toxique avec les mèches
- Perforation septale après des cautérisations répétées
- Saignement récidivant
Pronostic
Excellent pour la plupart des saignements antérieurs. Les saignements postérieurs chez le sujet âgé avec comorbidités sont plus à risque et peuvent nécessiter des gestes.
Prévention
- Humidifier l'air et hydrater la muqueuse nasale
- Éviter de se gratter le nez ; couper les ongles des enfants
- Technique correcte pour les sprays nasaux (orientés à l'opposé de la cloison)
Testez-vous
Réfléchissez à la réponse, puis touchez la question pour la voir.
D'où proviennent la plupart des saignements de nez ?
De la tache vasculaire (plexus de Kiesselbach, zone de Little) sur la partie antérieure de la cloison nasale.
Quelle artère est la source habituelle de l'épistaxis postérieure ?
Des branches de l'artère sphénopalatine, issue de l'artère maxillaire.
Quelle est la bonne position de premiers secours en cas d'épistaxis ?
Assis, penché en avant, avec une compression ferme de la partie molle du nez, sans basculer la tête en arrière.
Pourquoi ne faut-il cautériser qu'un seul côté de la cloison à la fois ?
Cautériser les deux côtés en même temps augmente le risque de perforation septale.
Qu'évoque une épistaxis unilatérale récidivante avec obstruction nasale chez un garçon adolescent ?
Un fibrome (angiofibrome) nasopharyngien juvénile ; une imagerie est nécessaire et la biopsie est évitée.
Maladies associées
Information éducative, pas un avis médical. En cas de symptôme, consultez un professionnel de santé.
Sources: Epistaxis (StatPearls (NCBI Bookshelf), 2022).
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Modèle représentatif, à des fins éducatives uniquement.